| Le procès AZF est prévu à l'automne 2008 – Il doit durer deux mois
L'association des anciens salariés « AZF Mémoire et Solidarité » entend mettre à profit ce procès pour intervenir, comme le lui permet son statut de partie civile, dans le sens qui a toujours été le sien depuis le 21 septembre 2001 , celui de la Vérité.
Son intervention dans le prétoire portera sur ces deux points, qui découlent l'un de l'autre:
REFUTER LA THESE OFFICIELLE
DEMANDER LA REOUVERTURE DE L'ENQUÊTE
De quelle façon ? En interrogeant les témoins qu'elle fera citer
La préparation de cette liste de témoins et des questions à leur poser représente un travail important et minutieux qui va être réalisé par un groupe de travail créé à cet effet par l'association. Ses membres vont, d'ici l'été, compléter leur connaissance du dossier en s'immergeant dans les 7220 cotes pour en extraire les incohérences, les insuffisances et …d'autres éléments plus graves encore.
LA THESE OFFICIELLE
« Un opérateur a involontairement pelleté du DCCNa(*) avec du nitrate d'ammonium et déversé l'ensemble dans le dépôt 221 qui a explosé »
POURQUOI IL N'Y AVAIT PAS DE DCCNa
Quatre raisons majeures :
1 : l'opérateur n'a pas pu pelleter du DCCNa sans s'en apercevoir. Tous les praticiens de ce produit savent, pour l'avoir vécu, que les fines dégagées lors de la manipulation du produit, même en faible quantité, sont extrêmement agressives pour les muqueuses des yeux , des voies respiratoires, ainsi que pour la peau (formation d'acide hypochloreux , le constituant de l'eau de javel) – Le DCCNa ne peut être pelleté qu'avec masque respiratoire, gants et combinaison intégrale, comme cela a été vérifié lors des reconstitutions judiciaires d'octobre 2002.
2 : Le produit pelleté est resté en l'état dans une benne contenant du nitrate pendant près de 48 heures, par vent d'autan – Dans ces conditions, s'il s'était agi d'un mélange de nitrate et de DCCNa, comme le prétend la thèse officielle, le DCCNa aurait progressivement réagi sur le nitrate en donnant des mousses (dégagement de gaz carbonique) de coloration jaune (oxydation nitrique) et d'odeur chlorée (acide hypochloreux) – Observations faites par l'expert judiciaire lui-même sur des mélanges reconstitués.
Or, le 21 au matin en reprenant sa benne l'opérateur n'a rien remarqué de tout cela – sa seule observation est celle d'une croûte superficielle qu'il a crevée avec la main (caractéristique bien connue du nitrate d'ammonium stocké par vent d'autan)
De plus, un autre opérateur est passé dans le dépôt 221 trois minutes avant l'explosion – Selon la thèse officielle la réaction devait être alors en plein développement ! – Cet opérateur aurait dû voir et surtout sentir. Or Il n'a rien remarqué !
3 : La police a prélevé une douzaine d' échantillons dans le bâtiment 335 où s'est fait le pelletage, selon un plan d'échantillonnage précis – Ces échantillons ont été analysés par le laboratoire CATAR-CRITT de l'Institut National Polytechnique de Toulouse – Il n'a décelé aucune présence de DCCNa !
4 : Enfin, en supposant par absurde malgré ce qu'on vient de voir, qu'il y ait eu du DCCNa dans la benne, le simple mélange en couches à l'air libre des deux produits entraîne des réactions progressives (décrites ci-dessus) non explosives. L'expert judiciaire a procédé à de multiples essais de ce type, pendant un an, sans jamais avoir obtenu d'explosion [Il y est parvenu en s'éloignant considérablement des conditions opératoires, à savoir dans une caisse, donc en milieu confiné et en humidifiant le nitrate à 12% d'eau
Une seule de ces 4 raisons suffit, chimiquement, à invalider la thèse officielle !
A toute personne objective ayant une connaissance et une expérience de ces produits, il apparaît incompréhensible que l'enquête judiciaire ait pu retenir ce scénario !
CE N'EST PAS DU DCCNa ! ALORS C'EST QUOI ?
Le nitrate n'explose que de deux façons (100 ans d'accidentologie nous l'enseignent) :
-Un incendie prolongé, de l'ordre de l'heure, en milieu confiné et en présence de matières combustibles ( cales de bateaux à Texas City et Brest en 1947)
-Un «effet détonateur » (usine BASF d'Oppau en 1921)
Or il n'y a pas eu d'incendie, c'est incontesté.
Quel a donc été l' « effet détonateur » ?
Qu'est-ce qui a pu transformer en dix secondes une usine fonctionnant normalement en un site dévasté ?
Sur un strict plan technique les réponses ne peuvent être que de ce type:
un détonateur pyrotechnique ou un explosif primaire
un brusque et intense apport énergétique de nature électrique
la chute à très grande vitesse d'un objet incandescent (météorite, morceau de satellite,…)
Un orage atmosphérique ou magnétique
Ces hypothèses figurent au dossier mais elles ont été écartées, certaines rapidement.
SUR QUOI FAUT-IL PRECISEMENT REOUVRIR L'ENQUÊTE ?
Des pans entiers du dossier constituent des questions majeures restées sans réponse :
Il est acquis que ce matin-là la zone du pôle chimique a fait l'objet de survols aériens à basse altitude – par qui et pour quelle raison ?
Comment interpréter les phénomènes précurseurs dans les 10 secondes avant l'explosion majeure : forte électrisation de personnels et de matériels , rayons lumineux, éclairs, sifflements,… ?
Quelle était la nature du « Brouillard » épais et bas observé ce matin-là au nord
de l'usine dans la zone du 221, sachant qu'il n'y a pas de brouillard naturel par vent d'autan ? S'il s'agissait d'un gaz, quel était sa nature, quelle était son origine, a-t-il joué un rôle dans la catastrophe ? Quelle était la nature et la localisation de la première explosion , plusieurs secondes avant l'explosion majeure ? Quel lien avec cette dernière ?
Enfin les menaces préalables et les revendications sont-elles à prendre en considération ?
La voie de la réouverture de l'enquête est toute tracée, mais désormais avec une nouvelle équipe d'experts, indépendants, reconnus pour leur compétence et sans a priori !
NOUS NE SOMMES PAS SEULS !
Dans cette démarche de dénonciation de la thèse officielle un syndicat, partie civile, a une démarche voisine de la nôtre; il s'agit de la CFE-CGC, plus précisément du syndicat régional de la chimie.
Nous invitons toutes les autres parties civiles ,syndicats, associations ou particuliers à se pencher à nouveau sur le dossier, aussi pénible cela soit-il, afin de se libérer du scepticisme qu'elles éprouvent ou éprouveront inévitablement, et à rejoindre notre démarche.
La commission Vérité
(*) DCCNa : Dichloroisocyanurate de sodium
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